Prévenir et soigner
Le trouble panique, la phobie sociale ou la dépression peuvent aussi accompagner le TOC. Dans un tel cas, le traitement suggéré ciblera en premier lieu la difficulté la plus sévère et la plus incapacitante. Dans le cas de la dépression associée au TOC, la même médication peut parfois diminuer les symptômes des deux troubles en même temps. Le traitement optimal à offrir sera donc choisi en fonction de l’évaluation globale du TOC et pourra impliquer le travail concerté de plusieurs professionnels de la santé.
Surmonter le TOC demande du courage, beaucoup de travail et une démarche structurée.
Il existe deux formes de traitement qui se sont révélées efficaces dans les cas de trouble obsessionnel-compulsif :
• La thérapie cognitive et comportementale
• Une médication spécifique et contrôlée
Ces deux traitements peuvent être entrepris conjointement. La thérapie est idéalement dispensée par un psychologue membre d’un ordre professionnel tel que l’Ordre des psychologues du Québec et reconnu pour son expertise dans le TOC. D’autre part, les médicaments pour le TOC sont prescrits uniquement par un médecin, préférablement un psychiatre spécialiste. Le travail concerté des professionnels de la santé permet de structurer le traitement en ayant une connaissance complète de la problématique, des étapes à venir dans le traitement et des moyens qui seront utilisés et encouragés.
Il peut également être utile de participer à des groupes de soutien où d’autres personnes et leur famille se réunissent pour s’encourager mutuellement, faire part de leurs expériences et échanger des conseils.
La thérapie familiale ou individuelle peut être bénéfique pour les membres de la famille. En effet, le cadre de l’entretien thérapeutique permet d’aborder les problèmes vécus au quotidien, de les liquider et de concevoir des moyens pour les résoudre tout en étant supporté et compris.
Une thérapie spécialisée
Un consensus d’experts recommande la thérapie cognitive et comportementale (TCC) pour traiter le TOC. Comme le nom l’indique, la TCC est une thérapie qui traite à la fois les cognitions (ou pensées) et les comportements. En d’autres termes, le thérapeute travaille à modifier la façon d'interpréter des situations et la manière de s’y comporter. Les pensées et les comportements jouent un rôle important dans l'explication du TOC.
Les gens qui souffrent du TOC éprouvent régulièrement de la difficulté à départager leurs comportements et leurs pensées obsessionnelles du reste de leur personnalité. Pour eux, tout ce qu'ils sont (leurs valeurs, leurs désirs, leurs habiletés et leurs défauts) et tout ce qu'ils font (réfléchir et agir) sont influencés par le TOC. Par contre, il est clairement démontré que le TOC est un problème de comportement (ou d'habitude) et non un problème de personnalité.
Ainsi, les obsessions maintiennent la personne dans un état d'alerte (activation du système d'urgence). C’est dans le but de diminuer l’anxiété qu’elle exécute les compulsions. Il est démontré que ces comportements ne font que maintenir l’anxiété et le problème.
Le psychologue d’approche cognitive et comportementale entraine la personne à reconnaître et à contrôler ses compulsions. Il travaille à modifier la conduite et la façon de voir et d’interpréter les choses à travers des exercices d’auto-observation et de restructuration cognitive. La mise en pratique d'exercices ainsi que l'acquisition graduelle de nouvelles techniques permet de diminuer l’anxiété. Cette approche considère le processus thérapeutique comme une forme d'apprentissage : nous apprenons à développer de nouveaux comportements en s’y exerçant.
Les médicaments qui augmentent la concentration d’une substance chimique produite par le cerveau, tels que les antidépresseurs, se sont révélés efficaces dans bien des cas.
Certains antidépresseurs agissent sur le système sérotoninergique du cerveau. Les recherches actuelles montrent que les médicaments inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (IRS) sont spécialement efficaces pour diminuer les symptômes obsessionnels.
Le médecin ou le psychiatre déterminera suite à l’évaluation s’il y a lieu de prescrire un médicament ; il établira la dose ainsi que la durée du traitement. Il est aussi possible que le médecin prescrive différents types de médicaments, ou une combinaison de médicaments. Chaque personne est unique et répond différemment aux médicaments. C’est pourquoi il est important d’aller aux rencontres de suivi planifiées par le médecin-traitant afin qu’il fixe une dose optimale à la lumière des commentaires, des observations et des réactions de son patient.
Il est important de prendre tous les médicaments prescrits – à la bonne dose et au bon moment. Il faut compter de 8 à 10 semaines avant de juger de l’efficacité de la médication. La dose sera ajustée jusqu’à ce que la personne retrouve un fonctionnement optimal combiné à un minimum d’effets non-désirés. Avant de décider qu’un traitement a échoué, il est impératif de consulter son médecin et son psychologue.
Certaines personnes n’aiment pas prendre de médicaments ou sont anxieuses parce qu’elles ne savent pas quel effet les médicaments auront sur elles. Si vous faites partie de ce groupe, n’hésitez pas à poser au médecin des questions précises, au sujet du médicament :
- Comment agit-il?
- Dans combien de temps commencera-t-il à agir?
- Quand devrais-je le prendre?
- Dois-je le prendre aux repas ou entre les repas?
- Est-ce que je peux le prendre avec d’autres médicaments?
- Aura-t-il des effets secondaires?
Y-a-t-il des choses que les membres de la famille peuvent faire?
Les membres de la famille peuvent jouer un rôle de soutien crucial, d’abord en acceptant qu’un être cher souffre d’une difficulté psychologique et ensuite en le supportant tout au long du traitement. La famille devient souvent impliquée, contre son gré, dans les rituels. Planifier son horaire en fonction du besoin de son proche d’accomplir ses compulsions, les accomplir à sa place ou le rassurer sans cesse à sa demande peut devenir lourd et engendrer des tensions. Une personne aux prises avec un TOC n’accomplit jamais ses compulsions de façon volontaire. Bien au contraire, elle juge ses compulsions comme étant gênantes et déploie beaucoup d’efforts pour réprimer le besoin d’accomplir ces actions.
Aider son proche ne signifie pas de prendre part aux rituels. Toutefois, il faut éviter de lui mettre de la pression alors qu’il accomplit ses rituels. En thérapie TCC, il apprendra à développer lui-même un meilleur contrôle de ses compulsions à son propre rythme. On peut alors l’amener à se récompenser pour les petits progrès qu’il fait.
Une excellente façon d’encourager un proche est de renforcer ses points forts et souligner les moments où il n’a pas de compulsions. Le TOC est un problème, pas une personne : il est bon de rappeler à son proche qu’il possède des qualités personnelles que le TOC n’affecte pas.
La famille peut aider son proche à s’informer sur le TOC et négocier avec lui pour qu’il continue de participer au bon fonctionnement de la vie familiale et qu’il contribue aussi à leur qualité de vie.
Les groupes de soutien sont-ils utiles?
Il peut être bienfaisant de se joindre à un groupe de soutien pour partager son expérience et s’enrichir de celles des autres. Il est aussi possible de suivre des cours d’éducation sur le TOC pour apprendre comment réagir face au TOC.
De nombreuses personnes ont constaté que le fait d’adhérer à un groupe de soutien est un élément important de leur démarche. Rencontrer d’autres gens qui ont le même problème, comprendre davantage la problématique et recevoir appui et encouragement peut être très salutaire. Les membres des groupes de soutien participent activement à leur guérison et connaissent souvent les meilleurs programmes thérapeutiques et centres de documentation au sein de leur communauté.
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De nombreuses personnes ont constaté que le fait d’adhérer à un groupe de soutien est un élément important de leur démarche. Rencontrer d’autres gens qui ont le même problème, comprendre davantage la problématique et recevoir appui et encouragement peut être très salutaire. Les membres des groupes de soutien participent activement à leur guérison et connaissent souvent les meilleurs programmes thérapeutiques et centres de documentation au sein de leur communauté.
Il existe des groupes de soutien qui s’adressent aux adultes, aux enfants ou aux membres de la famille. Il est important de trouver un groupe où vous vous sentez complètement à l’aise. Pour connaître les lieux de rencontres et les horaires des groupes de soutien dans la région de Montréal, contactez la Fondation québécoise du Trouble obsessionnel compulsif ou visitez son site internet : http://fqtoc.mtl.rtss.qc.ca.


