Les symptômes
Classiquement, la maladie compte une phase dite dépressive (bas) et une phase dite maniaque (haut) d’où l’expression maniaco-dépressive ou affective bipolaire. Il faut se rappeler cependant qu’il y a une phase « normale » où le fonctionnement de l’individu est relativement adéquat. Chez certains individus, porteurs de cette maladie, on retrouve des phases dites mixtes où il y a un mélange des deux phases.
Phrase dépressive
La phase dépressive est caractérisée par :
- tristesse de l’humeur
- ralentissement de la pensée
- ralentissement moteur
Tristesse de l’humeur
L’individu a le « cœur gros », il perd tout goût de jouir de la vie et est porté à pleurer, se culpabiliser pour des choses du passé, se dévalorise, il peut se penser atteint d’une maladie incurable et souhaiter la mort. Il voit tout en noir.
Ralentissement de la pensée
Le sujet déprimé présente de la difficulté à formuler sa pensée. Ses capacités de concentration et d’attention sont diminuées, ses réponses sont souvent monosyllabiques, comme s’il était incapable de formuler une phrase complète.
Ralentissement moteur
Toute activité devient pénible pour le déprimé, il n’y voit plus d’intérêt. Il passerait ses journées couché, parce que continuellement fatigué. Se laver, se brosser les dents, s’habiller, se nourrir deviennent des corvées qu’il essaie d’éviter. Il a des troubles de l’appétit, de perte ou de gain de poids, une perte d’énergie et de plaisir et devient de plus en plus solitaire. Il reste souvent couché, mais souffre d’insomnie, préoccupé qu’il est par ses idées pessimistes. L’idée de suicide peut lui apparaître comme la seule solution à ses souffrances indescriptibles.
Phase maniaque
La phase maniaque est l’envers de la phase dépressive. Elle est caractérisée par :
- une exaltation de l’humeur
- une accélération du processus de la pensée
- une hyperactivité motrice
Exaltation de l’humeur
L’humeur du maniaque est exubérante, exaltée. Il ne s’agit pas là de la vitalité et de l’optimisme que l’on retrouve chez les gens entreprenants.
Il a une extrême confiance dans ses pouvoirs et son charme, il est convaincu et convaincant, il ne permet aucune critique devenant facilement irrité et colérique. Sur le plan affectif, il a des aventures pour le plaisir de plaire, de connaître le changement, sans penser aux conséquences possibles. Il a une absence totale d’inhibition et de tact, ce qui peut amener des conséquences fâcheuses sur le plan familial, au travail, etc.
Accélération du processus de la pensée
La pensée du maniaque est rapide, accélérée. Les pensées se bousculent au point que le flot verbal ne peut suivre le rythme et il passe d’un sujet à l’autre, fait du « coq-à-l’âne », parle, parle sans arrêt, même si son auditoire n’écoute pas.
L’écriture prenant encore plus de temps que la parole, ses écrits peuvent être tout à fait incohérents, même pour lui.
Hyperactivité motrice
Le maniaque est toujours en mouvement. Il entreprend plusieurs projets en même temps dans lesquels il s’est engagé sans prendre le temps d’en examiner les détails afin d’en vérifier la validité : son jugement est perturbé ; son activité sexuelle s’accroît et va dans toutes les directions. Il ne connaît pas de limites à ses forces, ne prend pas le temps de manger, il ne se sent jamais fatigué et a trop de choses à faire pour penser à dormir. Il peut également dépenser de façon excessive et jouer compulsivement.
Si son entourage essaie de le calmer ou de lui conseiller du repos, il devient irritable et considère que ce sont les autres qui sont malades. Il dérange son entourage, souvent la nuit en raison de ses insomnies et de son activité excessive.
Le patient en phase maniaque peut devenir méfiant, considérer que son entourage en veut à ses biens et à sa personne. Ses projets grandioses peuvent être accompagnés de méfiance, de propos paranoïdes, c'est-à-dire qu'il se sent persécuté, menacé.
Cette facette paranoïde peut être, à un moment donné, le symptôme principal, ce qui peut induire en erreur l’examinateur qui pensera à une psychose paranoïde, à une schizophrénie paranoïde et conduira à un traitement qui n’est pas le bon.
Phase mixte
Alors qu’habituellement les phases dépressives, les phases maniaques et les phases dites normales, ou euthymiques, se suivent ce qu’on appellera « un cycle », il arrive que des symptômes dépressifs sont enchevêtrés à des symptômes maniaques : on parle alors de forme mixte. Le malade présentera par exemple :
- un affect triste
- une accélération du processus de la pensée et un ralentissement moteur
Les cycles rapides
On note généralement qu’un cycle est constitué par une phase maniaque, une phase dépressive et une phase euthymique, c'est-à-dire, d'humeur stable et normale.
Quand il survient plus de quatre cycles dans une année chez un individu, on considère qu’il a des cycles rapides.
Il peut arriver que le même malade présente plusieurs périodes maniaques et dépressives au cours de la même journée. Les périodes de dépression s’échelonnent en moyenne sur dix mois alors que les phases de manie, caractérisée par une grande excitation, durent de trois à six mois.


